Frédéric Bazille

Peintre Impressionniste
Montpellier 1841
Beaune-la-Rolande 28 novembre 1870

  Frédéric Bazille est le fils de Gaston Bazille, agronome et viticulteur, élu sénateur de l’Hérault en 1879. En 1862, il monte à Paris poursuivre des études de médecine qu’il abandonnera rapidement pour s’adonner tout entier à la peinture. Il fréquente alors les milieux artistiques parisiens et se lie particulièrement d’amitié avec Claude Monet. Il posera d’ailleurs pour le célèbre tableau un déjeuner sur l’herbe : il est l’homme debout au centre et au fond.

Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Devant l’invasion foudroyante des armées prussiennes, Frédéric Bazille veut se battre. Il s’engage chez les Zouaves, formation de choc réputée pour être la plus exposée de l’infanterie, et la plus dangereuse. On s’explique mal cet engagement dans les zouaves dont Renoir disait en plaisanterie que c’était pour ne pas avoir à raser sa barbe. C’est certainement par patriotisme et par solidarité avec des êtres chers engagés, qu’il part à la guerre. Mais peut-être aussi parce qu’à cette époque, il est en crise, il doute et connaît un découragement profond. Dans sa famille et chez ses amis, c’est la surprise et la consternation.

Il est d’abord envoyé en Algérie, puis en Franche-Comté. Le 27 novembre 1870, il se trouve dans les environs de Bellegarde. Sergent-fourrier, il fait partie du 20ème corps sous les ordres du général Crouzat. Le 28 novembre après-midi, en franchissant le ruisseau des Mazures et montant à l’attaque vers le cimetière de Beaune-la-Rolande, Frédéric Bazille est atteint de deux balles, l’une au ventre et l’autre au bras. Il expire peu après.

Son père, Gaston Bazille, ayant eu connaissance de la terrible bataille de Beaune-la-Rolande et sans nouvelles de son fils, décide de venir sur les lieux. Grâce à l’aide du vicaire de Beaune-la-Rolande, l’abbé Amédée Cornet, le corps de Frédéric est retrouvé, le 7 décembre au matin, dans une fosse improvisée où l’abbé se souvenait avoir béni le corps de plusieurs zouaves, dont un homme de grande taille. Gaston Bazille ramène alors le corps de son fils à Montpellier dans un cercueil de fortune fait de planches de boîtes à biscuits.

En remerciement pour l’aide apportée dans la recherche du corps de son fils, Gaston Bazille fait envoyer en 1871 un magnifique tableau peint par son fils : Le mariage mystique de Sainte Catherine. Ce tableau, peint vers 1863 d’après l’œuvre de Véronèse, est depuis accroché dans l’église de Beaune la Rolande.

Gaston Bazille veut aussi marquer à jamais l’endroit où son fils a été tué. Il achète une petite parcelle de terre attenante au ruisseau pour faire élever un monument du souvenir. En 1897, à la mort de son père, Marc Bazille, le frère de Frédéric fait don à la ville du monument, à charge pour elle de l’entretenir à perpétuité.

Malgré sa mort prématurée, Frédéric Bazille est considéré comme l’un des piliers du courant impressionniste et il a laissé un nombre de tableaux impressionnants : La robe rose, La réunion de famille, Le pêcheur à l’épervier, L’atelier de la rue Condamine,…

Les différentes municipalités de la ville ont tenu à honorer ce peintre-soldat en donnant son nom à une de ses rues, à une place, à un collège et à un lotissement.

 « Itinéraire d’un peintre soldat jusqu’au 28 novembre 1870 et combat du 20ème corps d’armée» 

Bulletin de Liaison n°22 de l’association des « Amis de l’Histoire de Beaune »

« Beaune-la-Rolande, découverte d’un village du Gâtinais », 2002

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