Histoire Ancienne

Les seigneurs de Beaune-la-Rolande
Le vin à Beaune-la-Rolande

Beaune-la-Rolande et l’Abbaye de Saint Denis

 

Beaune fut donnée par un Roland (ou Rolland), seigneur local, à l’abbaye de Saint-Denis avant l’an 832. Pour représenter l’Abbé de Saint-Denis, il y avait des moines à Beaune et c’est ainsi que le château devint le couvent, le prieuré et le cloître attenant à l’église. La charte du 22 janvier 832, précise que Beaune avait été donnée à l’Abbaye de Saint-Denis pour pourvoir aux « vestements, chausses et autres nécessités » des 150 religieux de l’Abbaye. Pour ce faire, Beaune devait fournir chaque année environ 14 000 litres de vin.

La ville fût cependant laissée à l’abandon et ne rapportait pratiquement plus rien à l’Abbaye. En 1121, le Grand Suger, conseiller proche de Louis VI le Gros, fût nommé Abbé de Saint-Denis et entreprit la restauration de la ville de Beaune et y réussit. Il fit ainsi bâtir le porche fortifié de l’église au-dessus duquel fût élevé un clocher primitif.

Pendant deux siècles, la seigneurie de Beaune resta l’un des plus beaux fleurons de Saint-Denis. Puis survint la guerre de Cent ans (1347 – 1453), puis les guerres de religion (1562 – 1598) dont les effets désastreux obligèrent les moines de Saint Denis à vendre Beaune à la famille de Harlay pour remettre à flot leur maison-mère. Au début du XVIème siècle, le château était presque en ruines, bien que les moines continuent de l’habiter.

Le fait que Beaune, bien que située dans le duché de l’Orléanais, dépende de l’Abbaye de Saint-Denis, a eu pour conséquence que ses relations commerciales et culturelles ont été tournées de façon privilégiée vers Paris et non vers Orléans. Ceci a perduré sous les Harlay.

Tout au long de la suzeraineté de l’abbaye, il y eut des périodes où, par suite des guerres ou des épidémies, elle manqua de bras. Elle fit alors venir de ses autres « fermes » des travailleurs et leur famille du Nord et de Bretagne, dont on trouve encore des traces dans l’Etat Civil.

Beaune et les Harlay

En 1598, la seigneurie de Beaune fut donc vendue à Messire Achille de Harlay, chevalier, conseiller du roi et premier président du parlement de Paris. C’est ainsi que Beaune se trouva réunie au comté, puis au duché de Beaumont-en-Gâtinais. Le cloître redevint château. Celui-ci ne fût pas habité par le nouveau seigneur, mais loué au receveur des impôts.

En 1717, la seigneurie passa par alliance dans la famille Montmorency-Luxembourg jusqu’à la Révolution, époque à laquelle tous les biens du dernier seigneur, Anne-Christian de Montmorency-Luxembourg prince de Tingry, furent confisqués.

Le vin à Beaune-la-Rolande

Au Moyen-Age notre région était couverte de vignes donnant un vin qui pouvait le disputer à celui de la région de Champagne ou de l’Orléanais. Ce vin, du temps de Philippe-Auguste et de Saint-Louis étaient servis à la table des rois. Après le désastre du phylloxéra, les agriculteurs se sont tournés vers d’autres cultures et la vigne à disparu du paysage. Mais jusqu’à la fin du XIXème siècle, les vignerons étaient très nombreux. Ainsi en 1830 les vignes couvraient 589 hectares à Beaune et seulement 32 hectares en 1918.

Ainsi, Saint Martin, dont la légende dit que c’est à lui que revient l’idée de tailler la vigne, est le patron de l’église de Beaune-la-Rolande avec Saint Pipe, autre saint local. La légende dit que l’âne de Saint Martin, faute d’autre chose, brouta des ceps de vigne de l’abbaye de Marmoutier. On croyait ceux-ci perdus pour la récolte, mais lorsque vinrent les vendanges, ces ceps produirent de plus nombreuses et plus belles grappes que les autres. C’est ainsi que les moines se mirent à tailler la vigne.

En savoir plus : Bulletins de Liaison n°1 et 8 de l’association des « Amis de l’Histoire de Beaune »

0 Partages