L’église

L’église de Beaune-la-Rolande date du XII ème ou XIII ème siècle et fut remaniée au XV ème siècle.


Elle fut en effet en partie détruite par le renégat Philippe d’Egreville,  à la solde des anglais, lors de la g
uerre de Cent ans. Celui-ci, marchant en 1428 vers Orléans pour soutenir les troupes anglaises sous les ordres de Salisbury qui en commençaient le siège, se heurta à des bandes de paysans dressés en armes sous la direction de Richard Pocquaire. Philippe d’Egreville, avec sa horde fut obligé de reculer devant leur résistance victorieuse. Pour se venger il détruisit l’église de Beaune et mit également le feu aux halles de Boiscommun.

L’Église présente une nef de six travées, sans transept, flanquée de deux bas-côtés et terminée par un mur droit. Elle est placée sous le vocable de Saint-Martin. Du côté nord ont été ajoutées quatre chapelles Renaissance ouvrant sur le bas-côté. 

L’église ainsi que la crypte et la porte de l’ancien cimetière ont été classées monuments historiques en 1911. 
  
Le clocher actuel de la ville de Beaune-la-Rolande fut inauguré le mardi 28 mars 1865. Il est construit d’après des plans de l’architecte Viollet-le-Duc. Depuis ce temps, trois cloches, Martin, Sébastien (refondue après l’incendie de l’ancien clocher) et Pipe, égrènent le temps perpétuel. Le clocher précédent était tors et brûla le 15 juillet 1861, frappé par la foudre. 

Martin pèse 2610 kg et sonne un La dièse grave
Sébastien pèse 584 kg et sonne un Fa dièse
Pipe pèse 296 kg et sonne un La dièse aigu 

Anciennement la place de l’Eglise a été à deux reprises un cimetière. Les inhumations furent arrêtées en 1799 et le cimetière fut alors transféré à la sortie de la ville, en direction de Boiscommun. Plusieurs années après, le terrain devant l’église a été déblayé. C’est ce qui explique l’existence des marches pour accéder à l’intérieur de l’église actuelle. A l’origine, l’entrée était de plain-pied avec le sol, comme on en voit encore les traces sur la base des flancs de la façade nord.
 
A hauteur de la seconde travée de l’église, au nord, est adossée la grosse tour carrée du clocher. Cette tour était fortifiée, comme en atteste encore les traces d’un ancien pont-levis. On peut voir également la fenêtre de guet au-dessus de la porte.

A l’intérieur de l’église, au-dessus du porche de la sortie ouest, un magnifique orgue a été installé. Il fut reconstruit par le facteur Charles Baurain en 1878 sur un instrument déjà existant. Il fut ensuite restauré par le facteur contemporain André Fossaert et inauguré en 1996.

Au fond de l’église, au-dessus des fonts baptismaux, se trouve un magnifique tableau peint par Frédéric Bazille, copie d’un original de Véronèse.
Louis XIV, orne le devant du maître-autel. Il s’agit d’un riche tissu de velours grenat brodé de fils d’or et d’argent.

A l’extérieur, dans l’avant-dernière travée s’ouvre, au nord, l’entrée de la crypte. Cette crypte, ou église basse, est placée sous le vocable de Saint-Pipe. Sur la porte d’entrée on voit le saint, sculpté dans la pierre. Il est habillé en diacre et tient à la main le livre des évangiles. 

La porte de la crypte est en arc très surbaissé, entre deux pilastres ornés de rosaces surmontés de chapiteaux corinthiens et portant un fronton triangulaire. Au-dessus un bandeau porte une inscription : « Fais ce que tu voudras – sûrement tu mourras » en caractères gothiques. Cette crypte a abrité de nombreux otages français pris par les Prussiens en novembre 1870. 

Un antependium classé, d’époque Louis XIV, orne le devant du maître-autel. Il s’agit d’un riche tissu de velours grenat brodé de fils d’or et d’argent.

D’après la tradition locale, Saint Pipe naquit d’une famille chrétienne, au bois de La Leu (ou l’Alleu), hameau de Beaune-la-Rolande, dans la seconde moitié du III ème. Il fut d’abord berger, mais prit de bonne heure la résolution de se consacrer à Dieu. Il se rendit à Larchant auprès de son ami Mathurin et, avec lui, se prépara au sacerdoce. Il ramena le corps de son ami décédé à Rome alors que celui-ci avait été demandé pour libérer une princesse possédée du démon. Saint-Pipe acheva ses jours dans la solitude près de Beaune-la-Rolande et aurait rendu son âme à Dieu le 2 octobre de l’an 306.

Saint Pipe était invoqué pour la guérison des fièvres et surtout pour la pluie en période de sécheresse, à l’occasion de processions mémorables.
 
A gauche de l’église, se trouve un petit jardin d’agrément. C’était autrefois le « vieux cimetière » ou « petit cimetière ». Sur le fronton de la porte nous pouvons lire : « Mourir convient c’est chose seure, nul ne revient de pourriture ». Au sommet du fronton, se dresse un cavalier mutilé, à droite duquel on lit la fin de quatre lignes : « Et ecce equus pallidus et qvi sedebat super eum nomen illi mors » (et voici un cheval pâle et celui qui le chevauchait a pour nom la mort).

Télécharger l’histoire complète de l’église de Beaune-la-Rolande

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Télécharger l’histoire du coq sur nos clochers

En savoir plus : Bulletins de Liaison n° 6 et n°16 de l’association des « Amis de l’Histoire de Beaune »

 

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